Pierre Jacotin


Comme si leur vie s’était arrêtée <br>Comme si il ne s’agissait plus que d’attendre la fin

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Comme si leur vie s’était arrêtée
Comme si il ne s’agissait plus que d’attendre la fin
Comme si leur peur de mourir n’était que la politesse de celui qui se sait déjà mort
Comme une bête qu’on mène à l’abattoir
Et qui sent l’odeur de la fin
Comme une bête qui a désappris l’instinct de la vie
Ils ne protestent pas, ne poussent que quelques gémissements
Ils suivent leur bourreau sans larme
C’est une beauté tragique
Celle d’un troupeau passif élevé pour nourrir le maître
Elles sont si belles ces brebis transies mais confiantes en leur berger
Et pourtant, c’est une beauté pâle
Qui n’a rien de la beauté sauvage et indomptable.
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