Le jugement d'Osiris et la miséricorde de l'Alliance

Le Mythe Solaire à perpétuer et à transcender

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Dans les temps anciens, les humains craignaient d'être emportés dans le chaos dans leur passage dans la mort, et de finir dépecés par des monstres, qui avaient inquiété leur conscience. L'Egypte pratiquait communement la magie.

On peut dire que le Livre des Morts, avant d'être une recette de formules, avant d'être un bien que l'on acquérait à prix d'or auprès des scribes qui pouvaient passer des mois à produire une copie, était un témoignage de confiance que les lettrés entretenaient avec le divin. C'est cette confiance dans les cieux qui reparaît, éclatante, dans la figure de Moïse. La couvre hébraïque du religieux apporte dans toute sa clareté la sortie d'Egypte comme une libération. C'est, en définitive, l'homme qui reprend sa course naturel après s'être souvenu pourquoi il était prisonnier au pays des dieux dorés de la mystique solaire égyptienne, qui se confondait avec une divinisation du pouvoir. Le pouvoir était alors neutre, il était écrit. Moïse léguait une loi, laquelle ne devait opprimer personne, et rassembler quotidiennement toute la collectivité là où elle était la plus essentielle, par la famille.

D'un moyen qui semblait par trop lointain et incantatoire, on était revenu dans l'entre-soi. Avions-nous appris à aimer? Le retour en terre promise était l'entrée dans l'age d'or, pour les esprits des croyants. Qui sait pourtant que cette terre était traditionnellement égyptienne? C'est la reconquête du pays par ses limites les plus défendables. C'est une vision du moins, que j'ai de cette renaissance hébraïque. Elle est une couche qui ramène à l'idée d'Alliance.

L'idée de l'alliance entre les Cieux et les humain-e-s est une idée riche. Elle est établie sur le principe fondateur de la confiance et de la convergence entre le fil de notre vie et les raisons même du monde que nous connaissons, ou du moins, la cause des causes. Nous ne sommes pas détâchés des causes. Nous ne sommes pas disharmonieux avec le sens pris par la Création. Le Créateur nous promet que nous trouverons grâce. Nous sommes justifiés.

Que cela s'accorde avec les principes cycliques d'Atoum-Horus-Râ ce n'est pas le plus précieux. Mais les saisons sont là qui nous rappellent à nos propres rythmes. Ceux-ci n'ont pas à comporter de valeur incantatoire ou à être appelés par les humains. Ce n'est pas une messe qui tient l'univers.

La machine du réel fonctionne parce que des principes régissent les choses, des principes équitables. Il nous appartient de découvrir comment notre propre gravité nous entraîne vers une certaine vie. Comment les choses sont en mouvement, en recréation perpétuelle, à travers un continuum qui va bien au delà des formes extérieures. La vie est une expérience vaste. Elle ne se limite pas à la crainte d'un jugement qui est introspectif, et à l'espoir d'une justesse, qui est spontanée. Ce que nous disent les mythes n'est rien à côté de ce qui se passe dans l'instant présent où nous vivons des prises de conscience, et ce temps présent échappe à toute forme définitive.

Ne restons plus figés sur le reflet spectral de l'alliance qu'est le jugement. Tout cela constitue juste des étapes de notre équilibre, universellement.

Ces mythes raisonnent parce qu'ils parlent à l'inconscient. Cette histoire est riche de leçons. Ces leçons sont un voyage. Pas pour se remplir les poches, mais pour vivre de point d'eau en point d'eau.